Métamorphose d’un patrimoine vivant : l’exemple des ustensiles du vin
Des tonneaux à la verrerie : les savoirs qui voyagent
Parmi les métiers d’art liés au vin, la tonnellerie fait figure d’exemple. En France, environ 350 ateliers maintiennent vivante l’alchimie du bois et du feu, dont près de la moitié sont familiaux ( Fédération Française de la Tonnellerie, 2022 ). Le parcours de transmission y est codifié : entre quatre et cinq ans de compagnonnage, des centaines de barriques cerclées, et toujours la même fierté d’apposer sa griffe sur un fut, sachant qu’il vieillira des crus dans les caves de Bourgogne ou de Napa.
Moins connu, le métier de souffleur de verre, essentiel à la magie des carafes et verres à dégustation. Chez La Rochère, plus ancienne verrerie d’art de France (1475), chaque nouveau souffleur s’initie à la canne dans les pas d’un aîné, parfois lors d’ateliers ouverts à des designers contemporains. Cette hybridation assure la survie, voire la renaissance, de gestes parfois menacés.
La transmission : moteur d’innovation
Loin de figer la création, la transmission dans les métiers du vin a souvent généré de nouvelles formes, de nouveaux usages. On le voit par exemple chez les artisans-orfèvres de la Maison Christofle, qui ont transmis le geste du martelage à de jeunes créateurs. Résultat ? Des tastevins aux lignes contemporaines, alliage d’ancienne maîtrise et d’élan novateur.
Le designer français Mathias Kiss, lors d’une résidence chez Saint-Louis, expliquait : « L’artisanat est le laboratoire du design. Ce qu’on reçoit n’est pas une recette à reproduire, mais un élan à réinterpréter. » ( Source : Les Echos, 2023 )